Comment emprunter le chemin de la psychothérapie ?

Nous faisons d’abord connaissance par l’anamnèse (l’histoire de vos maux), c’est-à-dire que vous répondez à un questionnaire sur l’apparition de vos troubles, leur chronicité, leurs répercussions dans votre vie quotidienne, sur votre vie personnelle, professionnelle et familiale. L’anamnèse est confidentielle. Elle me sert surtout à orienter le type de psychothérapie dont les mots correspondront à vos besoins.
Puis, lors de la première séance, nous définissons ensemble votre objectif, c’est-à-dire ce que vous attendez de cette psychothérapie.
« Mon objectif peut-il changer en cours de route ? »
Bien sûr. La psychothérapie étant un chemin, vous pouvez changer de destination. Le Moi étant en perpétuelle transformation – signe de santé -, votre objectif peut être modifié, réajusté. Comme je l’ai expliqué dans mon billet Les raisons de consulter, une raison peut en cacher une autre et la pièce de votre maison psychique que vous explorez avec mon accompagnement peut révéler une enfilade de pièces parmi lesquelles vous choisirez de séjourner (votre nouvel objectif).
Mon courant est jungien.

Je vous aide à vous relier à la fois à votre inconscient et à cette haute instance psychique qu’est le Soi. Je compare toutes les instances psychiques d’un Moi sain à des pièces ouvertes, permettant au conscient de circuler librement de l’une à l’autre, en bas, dans l’inconscient ; comme en haut, vers le Soi.
Ce passage rendu possible dans chacune des pièces est la preuve, selon moi, que l’architecture de la maison psychique est solide.
Comme le dit CG Jung,
« il est clair que la maison représente une sorte d’image de la psyché, autrement dit de la situation consciente, avec des compléments encore inconscients. »
Durant toute sa vie, le Moi tend vers le Soi (la partie divine, supérieure de l’être selon Jung) avec lequel il dialogue, tout comme il converse avec son inconscient. Le Moi converse avec les instances du haut et du bas, de la verticalité et de l’horizontalité (l’équivalent de la croix chrétienne). Aussi est-il conscient de se situer à la bonne place pour lui, c’est-à-dire à ce carrefour psychique entre l’inconscient et le Soi.
Concrètement, si nous poursuivons la métaphore de cette maison psychique,
- Nous remontons de la cave (votre inconscient) tout ce qui servira à nourrir votre Moi à l’étage intermédiaire, afin que celui-ci se renforce. Cette nourriture psychique symbolise ce qui comble les manques et assouvit votre pulsion de vie, affaiblie par les épreuves.
- Nous passons de pièce en pièce (vos persona) pour percevoir les rôles que vous jouez. Le salon représente, par exemple, le désir d’appartenance à un groupe et de paraître social. En changeant de pièce pour nous diriger vers la salle de bain, nous pourrons voir dans quelle mesure vous avez le désir de vous purifier de ces rôles…
- Nous traversons, au cours de notre exploration, des zones lumineuses et des zones sombres (l’Ombre, selon Jung). Ces zones d’ombre demandent à être éclairées, c’est-à-dire portées à la conscience, afin que vous puissiez vous sentir pleinement à l’aise dans votre maison intérieure qui représentera alors votre Moi réunifié dans toutes ses instances psychiques…
- Nous circulons ainsi tout le temps nécessaire (la durée de la psychothérapie), jusqu’à atteindre la pièce dans laquelle vous vous sentez le mieux (une chambre, un bureau, un boudoir). Cette pièce symbolise votre Moi et la réponse à votre objectif premier.
- Enfin, nous gagnerons l’étage supérieur (le Soi) qui englobe votre Moi, votre inconscient et l’inconscient de l’humanité, afin que vous puissiez connaître et remplir votre mission de vie (l’objectif ultime, c’est-à-dire l’objectif existentiel qui se révèlera derrière l’objectif pour lequel vous étiez venu consulter au départ).
La fin du chemin de la psychothérapie se reconnaît lorsque ce processus d’individuation psychique et spirituel est accompli. Vous vous faites suffisamment confiance pour mener une vie épanouissante, qui correspond à votre nature profonde.
Quels sont les outils que j’emploie dans une psychothérapie jungienne ?
Nous travaillons surtout sur les symboles :
- Par le biais de cartes de tarots (celui que j’utilise est le tarot d’Osho, le tarot de la transformation),
- Avec les contes ( extraits du Livre des chemins de Henri Gougaud, Contes de Bon conseil pour questions secrètes),
- Avec le dessin, l’art-thérapie,
- L’écriture de vie ou d’un épisode de vie,
- Les images des rêves, bien sûr.
Dans la psychothérapie jungienne, nous nous concentrons sur la force du symbole qui permet ensuite de véhiculer le message de votre inconscient à votre inconscient par des mots qui résonneront juste pour vous.
Faut-il avoir lu les livres de Jung pour entamer une psychothérapie jungienne ?
Pas du tout. Seul compte le langage de votre inconscient, votre capacité à lui faire confiance.
Dans la psychothérapie jungienne, votre inconscient est un allié loyal, un ami fidèle qui tente en permanence d’entrer en contact avec vous. Le but de la psychothérapie jungienne est d’accueillir ce contact, de le recevoir, de le comprendre et de lui répondre.

Mon courant appartient également à la psychologie humaniste intégrative.

Cette approche, centrée sur la personne, tient compte de toutes les dimensions du sujet – physique, psychique, spirituelle – et elle a une vision complètement positive du consultant, dans le sens où elle l’aide avec confiance à initier sa propre évolution. Dans ce courant, le consultant est actif. Il participe à son processus de résilience car c’est lui qui place les jalons sur son chemin. Le thérapeute est un guide, non un maître à penser.
Je pratique donc la méthode de Carl Rogers qui a fondé ce courant de la psychologie intégrative humaniste.
Comment ?
J’accompagne la personne du consultant, comme l’enseigne Carl Rogers, à cheminer de son Moi réel à un Moi idéal pour lui et lui seul, dans un mouvement positif, c’est-à-dire sans que la tyrannie de la quête d’un Moi idéal (selon une définition sociologique toute faite et inappropriée) n’écrase le Moi réel et sans que la faiblesse d’un Moi réel – parfois mal vécu, mal perçu – n’entrave la recherche d’un Moi idéal – c’est-à-dire que la cohabitation avec le Moi réel est confortable à vivre, sans injonction ni pression exercées par le sujet sur lui-même. En cours de thérapie, je veille à ce que le Moi idéal ne vienne pas tyranniser le consultant par le perfectionnisme, mais qu’au contraire, il serve son bien-être, sa joie, son bonheur, son intérêt vital. Les deux, Moi réel et Moi idéal, doivent, selon moi, cohabiter avec harmonie.
Le sujet devient alors lui-Même/m’aime, puisque son Moi réel épouse son Moi idéal qui contribue à son propre bonheur, à son épanouissement global, dans la danse de la vie.
Quels sont les outils que j’emploie dans la psychologie humaniste intégrative ?
- Je montre à mon patient comment s’ancrer dans le présent et cela, par l’écriture. En effet, l’écriture d’un journal intime et de thérapie – que le patient peut garder pour lui ou me confier – permet de réaliser un ancrage ( et un « encrage » ) dans son quotidien. Pas après pas, mot après mot, le Moi du consultant peut se transformer, sans effort démesuré et excessif, en respectant le temps nécessaire à cette transformation. J’applique ainsi le précepte d’Irvin Yalom dans L’Art de la thérapie qui consiste à me concentrer « sur l’identification et l’élimination de tout ce qui empêche d’aimer », de vivre, de savourer la vie. De même, des sujets d’écriture spontanée (ou écriture prompts) en cours de séance permettent d’enclencher la prise de conscience de ce que l’inconscient veut signifier au consultant.
- Je pratique aussi la programmation neurolinguistique. Dans un état de relaxation et d’hypnose légère, je donne au sujet des outils qui lui permettront d’aller mieux et dont il pourra utiliser certains entre les séances. Il en est ainsi de l’ancrage d’un paysage-ressource pour affronter certaines situations phobiques, des difficultés d’endormissement, des addictions, ou encore la mémoire traumatique de certaines scènes. Concernant cette dernière, la double dissociation par rapport au traumatisme vécu enclenchera un véritable libération et un effacement dans la psyché de l’encodage douloureux. Enfin, le travail sur la ligne de temps permettra de cheminer vers un Moi heureux.
- Mais, pour pouvoir atteindre ce futur Moi épanoui, il est parfois nécessaire de défaire le nœud de certains déterminismes familiaux et transgénérationnels dans le cadre de la psychogénéalogie. C’est ainsi que le génosociogramme, mis en place par Anne Ancelin Schützenberger, mettra en évidence par les liens affectifs, les couleurs vectrices d’émotions et les symboles de certaines prises de conscience, le caractère répétitif de certains traumatismes ayant affecté plusieurs générations. Le but de cette approche est que le sujet puisse récolter dans sa vie ses propres fruits, ceux qu’il aura créés, fait pousser – indépendamment de ce qu’ont produit ses aïeux.
Le but de cette psychothérapie est de faire en sorte que le sujet puisse découvrir toute son autonomie. Ce chemin est donc un chemin d’individuation, le chemin de la vie qu’il souhaite vivre et non celui tracé par des patterns, des loyautés familiales qui sont en réalité perfides et des schémas de répétition inconscients.
Est-il nécessaire d’étudier tous ces contenus théoriques pour progresser dans sa psychothérapie ?
Là encore, non. Le seul mot-clé est la confiance.
- Confiance du thérapeute dans les capacités de résilience de son consultant.
- Confiance du consultant dans la puissance bienveillante de son inconscient qui lui révèlera toujours ce qu’il doit savoir au bon moment.
Un praticien en psychothérapie humaniste sait que l’inconscient du sujet contient déjà en lui toutes les ressources nécessaires. Le but de la psychothérapie est de les placer au grand jour.

Il est important de savoir que, quel que soit le courant choisi – jungien ou rogérien -, aucun ne s’exclut, leurs outils respectifs pouvant être combinés pour répondre à vos besoins de bien-être global.

